Photos d'itinérances

Pour une meilleure protection de la vie privée, seule une partie des photos est publique, inscrivez-vous pour en voir plus :-)

15 jours de congés, un mariage à la clé, et c'est parti pour un tour des fleuves du Sud de la France : Canal du midi, Canal du Rhône à Sète, Rhône, Loire et Thouet.

Première expérience du genre, seul sur mon vélo, j'ai eu du mal à trouver mon rythme, allant trop fort sur le début jusqu'à déclencher une tendinite au talon. J'ai du prendre le train sur deux étapes pour laisser passer la douleur.

L'objectif étant grand, je n'ai pas pu prendre un grand nombre de photos, voire très peu même, le téléphone n'étant pas accessible.
La carte ci-dessous retrace fidèlement la parcours de 1450km à vélo et 280km en train (orange).

J1 - Grand départ
J1 - Grand départ
Et c'est parti, pour 15 jours de vélo ! Une grande première pour moi.

Marine m'accompagne les deux premiers jours, pas moyen de renoncer, c'est parfait. On se retrouve à 9h au bord du Canal du Midi, que nous suivrons ensemble les deux premiers jours sur 240km. Le début est goudronné, on avance vite sans forcer, ça n'a pas l'air si dur finalement ;-).

Au bout de 40km, on laisse le goudron, on entre dans l'Aude et la piste fait place aux chemins de halage en terre battue. Le moyen idéal pour se perdre et tester le GPS, qui fonctionne pas trop mal. Le canal se poursuit, et malgré la fatigue qui arrive très tôt, on dépasse Castelnaudary pour manger juste avant Carcassonne.

Après une brève pause midi, parce qu'on a un gros objectif ce premier jour ; c'est faire 140km dont 100km sur chemins, on repars le long du canal. On traverse Carcassonne en empruntant des routes à contre sens, et c'est reparti. En fin d'après midi, la fatigue arrive sérieusement, on commence à couper les lacets du canal par des bouts de départementale, mais on dépasse "le point vert", marqueur des 140km sur mon GPS.

On regarde sur le GPS qui indique une aire de picnic au bord d'un vieux pont déclassé, on rallonge donc de quelques kilomètres pour arriver sur ce petit coin perdu, le long du canal, partagé entre pêcheurs, un camping-car et quelques péniches. Bonne nuit ;-)

J2 - La mer
J2 - La mer
Second jour à deux, objectif Montpellier !

La nuit a été savourée, impressionnant quand on sait à quel point j'étais dégueulasse, mais j'ai la preuve que la fatigue permet de dormir dans beaucoup de situations. Après ces 9h de sommeil profond, pas facile de se réveiller, mais c'est là que je réalise que la doudoune conseillée par Lionel avant de partir était nécessaire.

Une fois hors de la tente (assez rapide finalement), un petit déjeuné sur le pouce mais bien nourrissant, car il faut vider les sacoches du vélo de Marine, et c'est parti pour du chemin en terre. Mais qu'est ce qu'on a mal au cul ! Vraiment pas facile de se rasseoir que la selle, mais au bout d'un moment, on finit par l'accepter, j'espère que ça ira mieux après.

On arrive rapidement, sur ces chemins en terre, à la bifurcation avec le canal de la Robine (vers Narbonne), on se perd un peu mais on retrouve le chemin de Béziers. Parfois le sentier passe vraiment près de l'eau, ça fait vraiment peur avec les vélos chargés. Malgré tout, le cap change et on s'oriente maintenant vers le Nord Est, c'est là qu'on réalise un truc : on avait le vent dans le dos depuis une grosse journée, mais ça ne va pas le rester aujourd'hui !

On pousse sur les pédales un petit moment pour finalement couper par un tout petit bout de départementale et traverser Capestang, jour de marché. Mais le chrono est dans la tête, il faut tracer pour arriver ce soir, car Marine a un train le lendemain. On repars sur les chemins tapes-cul, et on arrive au tunnel du Maupas. On passe dessus et après de nombreux coups de pédales, on arrive à Béziers. C'est dimanche, il y a du monde le long des 9 écluses, il faut aller doucement, mais je voyage (très) léger.

Motivé, on trace pour manger à Agde. Je rêve en cachette d'une bonne bière, et de quitter ces chemins en terre, pour voir ce que donne le vélo sur du goudron. Sur le chemin, on croise un groupe de cyclotouristes, équipés pour une petite virée. On arrive à Agde après le marché, tout est plié, le bar va fermer mais il nous sert un coca et une bière : on posera les verres dans les fleurs.

Après le repas, on repart sur un tout petit sentier le long des derniers kilomètres de canal, c'est magnifique. On arrive à l'embouchure dans l'étang de Thau, et on retrouve une piste cyclable qui longe la côte. Ce qu'on ne sais pas, c'est qu'on est sur un Eurovélo, ces itinéraires cyclables Européens. On remonte facilement jusqu'à Sète, malgré le vent qui souffle fort, et les bancs de sable sur la piste. Avec mes nouvelles pédales automatiques, je fait pas le fier !

On suit les panneaux de l'Eurovélo pour traverser Sète, beaucoup plus simple que 3 ans auparavant, et on attaque les nombreuses petites routes en zig zag pour aller vers Montpellier. Les sections face au vent sont physiques, je sens Marine lâcher doucement ;-). L'heure tourne et je téléphone à un camping à la Grande Motte pour réserver, je risque d'arriver tard.

Au bout d'un long moment, on se trouve en périphérie de Montpellier, je quitte Marine qui n'est plus très loin, pour tracer toute vitesse vers la Grande Motte. La boule au ventre de me retrouver tout seul, j'attaque avec une descente vend de dos, je trace comme une fusée jusqu'à Palavas. En traversant la petite ville, je croise un cyclotouriste bien chargé, on discute un peu, mais lui est parti pour un an de vélo. Il me dit rapidement que 140km par jour est un objectif trop gros, même si je suis très léger.

Le temps passe vite et j'arrive au camping à 19h pile, une douche et je reprends le vélo pour une pause sur la plage, mais qu'est-ce que j'ai mal au cul !

J3 - Le Rhône
J3 - Le Rhône
Premier jour solo, troisième jour sur ce foutu vélo, pour rallier le Rhône.

Le départ dans le camping est plutôt cool, on a tout le confort pas loin : de l'eau en somme. La nuit a été aussi bonne que la veille, ils ont éteints les châteaux gonflables collés à mon emplacement
J4 - Tendinite
J4 - Tendinite
Après trois gros jours sur le vélo, le physique ne tiens plus, mais direction Valence.

Hier soir, j'ai envoyé des messages sur Warmshowers, car aujourd'hui, l'objectif est Valence, à 140km au Nord. Je me cache dans la ruine pour prendre un rapide petit déjeuner à l'abri du vent. Doucement les tracteurs des vignerons se mettent en action autour de moi, puis je reçoit une réponse d'un couple pour le soir, à Valence. J'embarque mon vélo et j'attaque face au vent.

Le début de matinée se fait sur le plateau, au milieu des domaines, jusqu'à descendre vers Orange, puis je tourne complètement pour traverser la petite ville fortifiée de Caderousse. Un moment de répit avec le vent de dos avant d'arriver sur la Via Rhôna, en bord de Rhône, une autoroute à vélo en terrain dégagé, plein Nord. Le vent est là, la douleur au talon revient rapidement, je défais les pédales automatiques pour me faire plaisir.

J'oublie l'eau, après cette nuit sauvage, et guette tous les petits villages pour un peu d'eau. J'avance doucement, toujours face à un vent violent, à 70km/h d'après la météo. La douleur ne pars pas, je m'arrête au premier village dans une pharmacie. Le diagnostic est sans appel : tendinite, il faut s'arrêter. Impossible pour moi, je décide de laisser tomber les 140km journaliers, et de m'offrir une pause l'après-midi. Je fais le plein d'eau, puis vais à la gare pour prendre un train.

J'achète un polar Toulousain pour passer le temps, et me dirige doucement vers le port de Plaisance. Une fois sur place, Alain vient m'accueillir et m'ouvre les portes de son camion aménagé pour la nuit. Je passe la soirée sur son bateau, puis profite d'une bonne douche et d'une longue nuit !

J5 - Roanne
J5 - Roanne
Journée de repos, et de transition entre le Rhône et la Loire

Je me réveille tard, après avoir profité d'une bonne nuit au port de plaisance de Valence. Après un bon petit déjeuner, je rends les clés à Alain. J'enfourche mon vélo, la douleur au talon étant bien présente, pour rejoindre la gare de Valence. On est le mercredi premier mai, en plein mouvement gilets jaunes, autant dire qu'il y a de l'ambiance à Valence. Je finit de lire mon bouquin, beaucoup trop rapidement, et il est 13h, l'heure de prendre le train.

Le train m'amène à Lyon, où j'ai une correspondance d'une heure. Je regarde par la fenêtre mais la vallée du Rhône est bien industrialisée, je ne suis donc pas déçu de tracer. J'arrive à Lyon où je retrouve Clément pour un sandwich sur le pouce. Une fois mangé et bien discuté, je remonte dans le train pour Roanne. Le train serpente dans les coteaux, en pleine campagne, et je suis un peu déçu de couper cette seule zone de relief du projet.

J'arrive à Roanne, où un autre membre de Warmshower m'a proposé un canapé, mais après un bref coup de fil, il m'annonce arriver vers 22h. La pluie étant annoncée malgré le beau temps apparent, je décide de monter vers le Nord, le long du canal de la Loire, pour trouver un coin où camper. Je roule tout doucement, les abords de cette petite Loire sont noir de monde : il fait beau, c'est un jour férié, et le temps est annoncé mauvais dès le lendemain.

Finalement, la piste cyclable n'est pas propice au bivouac, et ayant tout mon temps, j'arrive à économiser mon tendon d'Achille en roulant doucement, enfin j'ai l'impression. Je continue à faible allure jusqu'à Pouilly-sous-Charlieu où un camping est cartographié. Je traverse donc le stade municipal en pleine rencontre, pour arriver au tout petit camping. La grille indique un camping fermé, mais j'entre quand même. Les gérants sont en train de faire la fête, et me proposent de camper, c'est fermé à cause d'un arrêté préfectoral et du risque d’inondation avant le 15 mai. Il y a très peu de cyclotouristes par ici.

Je partage une bière autour du barbecue, ils rigolent quand je leur annonce la pluie à venir, m'invitant à dormir le long de la piste, mais après avoir insisté, l'alcool aidant, je profite des sanitaires tout juste ouverts et pars dormir.

J6 - La Loire
J6 - La Loire
Journée de reprise, le long de la Loire de Pouilly sous Charlieu jusqu'à Decize.

Je ne me suis pas trompé, il pleut ce matin, mais c'est léger. Je bouge toutes mes affaires dans la "salle des campeurs", déjeune au sec, et prépare mon vélo pendant une accalmie. Je pars alors, sans laisser de trace, il est tôt et les gérants sont encore en train de dormir. Je récupère la piste cyclable, qui est une voie verte sur une ancienne ligne de chemin de fer, très agréable à rouler. Le temps a changé, il fait frais, humide, et le vent s'est calmé. Après 30 minutes sur le vélo, à jauger doucement ma cheville, je me dis que cette météo est agréable, même si elle devait empirer un peu.

Après deux grosses heures et 40km le long de cette parfaite piste, j'arrive à Paray-le-Monial, où je récupère une Eurovélo le long du Canal du Centre. Je quitte la protection de la ligne de chemin de fer pour être en terrain dégagé, et prendre de plein fouet les abats d'eau. Je passe Digoin, puis arrive à Diou après avoir mangé. Je quitte alors le canal pour reprendre la ligne de chemin de fer abandonnée jusqu'à Bourbon-Lancy. Juste après Diou, je trouve une petite cabane où je m'arrête pour lire. Je suis à l'abri de la pluie et me dit que c'est un bon endroit pour passer la nuit, après cette courte étape de reprise.

Je regarde les campings, et découvre que le prochain, à 60km, propose une offre pour les cyclo touristes. Attiré par ce confort, je décide de repartir, malgré la météo et mes fragilités. La pluie tombe alors de plus belle, jusqu'à devenir violente. Après Bourbon Lancy, j'allume mes lumières, j'emprunte 50km de routes au milieu des averses, et croiser des cyclotouristes dans la même galère me remonte le moral.

J'avale les kilomètres, à petit rythme mais sans faire de pauses, la météo n'aidant pas. À Saint-Hilaire-Fontaine, je fais une pause ultime goûter, complètement trempé, glacé, et pressé par le temps, car le camping ferme à 19h. C'est la sortie d'un enterrement. Je repars sans m'être réchauffé, les mains engourdies, et au milieu de nulle part, sur la digue de la Loire, en plein milieu d'un récent chantier de débardage, un reste de lame de tronçonneuse explose mon pneu avant. C'est la crise : je suis glacé, il pleut, je n'ai pas le temps, et il n'y a vraiment personne aux alentours ! J'attaque le démontage de pneu mais ça résiste, mes mains ne sont pas opérationnelles, et les outils me semblent fragiles, j'ai vraiment peur de tout casser.

Après 20 minutes de galère et de stress, je suis prêt à repartir, et pédale à fond pour rejoindre le camping de Decize. J'arrive à Champvert, il reste 4km, et finis joliment le long du vieux canal du Nivernais. J'arrive au camping avant la fermeture, bénéficie de l'offre cyclotouriste à 8€, et découvre avec joie la salle associée : au sec, avec canapés, cuisine, électricité... Je monte la tente pas loin, répare mon pneu, prépare le repas, et décompresse après cette rude fin de journée.

J7 - Nevers
J7 - Nevers
Bonne journée, rejoindre Decize à Cosne-Cours-sur-Loire.

Aucun orage pendant la nuit, mais une pluie sans fin, la température à chuté. Je m'abrite pour prendre un petit déjeuner, charger le téléphone avant de tout plier dedans et de partir. Le duvet est toujours bien humide.

Je décolle et attaque le long du canal latéral à la Loire. La météo est pas parfaite, il fait frais et humide, mais c'est acceptable et j'avance. Un autre camping avec la même offre se trouve à 100km, alors je me dis rapidement que c'est un bon objectif et je roule tranquillement. Arrivé vers Nevers, je regarde le GPS, je suis loin de la trace, la Loire a Vélo me fait faire un bon détour le long du canal, mais j'arrive à un pont canal vers le Bec d'Allier, et m'offre une bonne pause au café.

Après la pause, je quitte le canal pour rejoindre une digue qui longe la Loire, sur les 60km restants. Je vais plein nord, toujours face à un léger vent, sous un ciel gris, avec une douleur qui se fait peu sentir. En bref, c'est pas parfait mais ça roule bien !

J'arrive alors à Sancerre, en fin d'après-midi. Le sac étant vide, je fait un crochet vers un centre commercial, au pied de la magnifique cité perchée. Je trouve tout ce qu'il me faut et remonte sur le vélo. Après 5 minutes à pédaler, mon talon se fait sentir, très fortement, et la pluie commence à tomber. La perception de la journée change, et j'encaisse sur les 10 derniers kilomètres.

J'arrive alors au camping, où je me pose à côté d'un grand bâtiment ouvert aux cyclistes. Je met mes affaires à sécher, et profite d'une longue soirée.

J8 - Froid Glacial
J8 - Froid Glacial
Étape courte, mais éprouvante par la météo, pour aller vers Gien.

Après une bonne nuit et un réveil frais sous une petite pluie, je m'abrite sous l'abri pour les cyclotouristes du camping, pour un bon petit déjeuner, avant qu'un groupe de 6 cyclos me remplacent. C'est alors parti sous la bruine, sur la route en haut de la digue, plein Nord. Je me dis à ce moment que la Loire en plein été, ça doit être l'enfer : on est toujours exposé.

Au bout de 15km, je fais un gros détour pour contourner la centrale de Belleville sur Loire. Puis je retourne sur la digue, et le canal de la Loire. À 30km du départ, j'arrive à Châtillon sur Loire, mouillé mais la pluie reste raisonnable, je décide de laisser le camping et de continuer. Je longe un long canal, à l'abri des arbres, jusqu'à Briare, où j'emprunte le pont canal, sous une pluie battante.

Il me reste alors 10km avant le prochain camping, la météo est catastrophique ! Il pleut, il grêle, je suis congelé. Je lutte, croise une famille a vélo en pleine crise, je me dis que je ne suis pas le seul, même si je ne suis pas parti équipé pour cette météo... Au bout d'une lutte contre les éléments, j'arrive à Gien, et trouve un camping. Il est midi, le temps est affreux, mais je paye une petite fortune pour louer une tente bâchée pour l'après-midi et la nuit. Il fait la même température dedans, aucun abri ici, mais je me met sous deux couvertures et passe une grosse partie de l'après-midi sous cette tente. Ce sera la pause de mi-parcours.

En fin d'après-midi, le groupe de cyclistes du matin arrive, on sympathise, et je profite de cette chaleur humaine pour visiter Gien, et me réchauffer : c'est beaucoup plus efficace que les couvertures gelées. On termine la journée au restaurant du camping : décidément, c'est la fête à mi étape pour moi.

J10 - Tours
J11 - Angers